After School Dice Club

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Chers lecteurs,

L’adaptation en anime du manga After School Dice Club de Hiroo Nakamichi est disponible en version originale sous-titrée sur la plate-forme Wakanim. Force est de reconnaître que nous apprécions cette œuvre, qui nous a permis de plonger nos gros doigts baveux dans un océan de douceur, de mélasse et de crème fouettée. Regardez-la. Mais avec un pied de biche dans la main. C’est un peu énervant parfois.

Miki, l’insupportable victime

Lors du premier épisode, on apprend à connaître l’incarnation du creux et de la mollesse en personne. Miki Takekasa est une lycéenne, dont la personnalité oscille entre celle d’une éponge flasque et d’une serpillière trop mouillée. Malgré notre inénarrable aptitude à faire pleurer de honte et de désespoir l’intégralité de notre entourage, nous n’avions encore jamais vu de telle chialeuse.

Heureusement, une fois les premières envies de meurtre passées, on s’aperçoit que la jeune fille a tout de même un minimum d’intelligence, et qu’elle va se faire des copines plus drôles qu’elles suffisamment rapidement pour qu’il se passe quelque chose. Hallelujah, After School Dice Club est sauvé !

Bouh, le harcèlement, c’est mal !

Comme vous le savez sûrement (à moins que le confinement a fini d’achever toutes les parcelles d’intellect qui résidaient en vous), le harcèlement est un phénomène franchement répandu. On peut même dire qu’il y a un sacré nombre de vilains pas beaux qui font peur aux gentils tout propres, et ce partout dans le monde.

Au Japon, le harcèlement scolaire (et un de ses avatars en particulier, l’ijime) est un phénomène de grande ampleur et dangereux, qui peut conduire à la mort, comme l’attestent des chiffres effarants et une décision de justice de 2019.

Dans After School Dice Club, Miki a été victime de harcèlement en raison de son manque de répondant, et, pour le dire avec des pincettes, nous ne la choisirions sans doute pas pour nous représenter sur l’octogone.

Cela dit, le message est plutôt positif. Au fur et à mesure, elle développe plus d’assurance, et elle dégage une volonté louable de venir en aide aux autres. Alors, même si c’est un personnage parfois irritant, qui nous a donné envie à de multiples reprises de couper notre écran en deux avec une tronçonneuse thermique, nous sommes obligés d’avouer qu’on l’aime bien quand même. Mais juste un peu.

Le pouvoir de l’amitié et des emplois improbables

Rapidement, Miki rencontre deux personnages : Midori Ono, que nous appellerons  avec délicatesse « Madame Chiante », déléguée de son état et je-sais-tout notoire, et Aya Takayashiki, que nous appellerons avec une admiration non dissimulée « l’idiote de service ».

Grâce au pouvoir incommensurable du rush scénaristique, Miki et l’idiote de service découvrent rapidement que Madame Chiante travaille dans un magasin de jeux de société. Et on arrive enfin au concept de l’anime : ça parle de jeux de société.

Des jeux de société, oui, mais des Panzani

Sauf qu’ici, on ne se contente pas de parler de jeux inventés, ou de vendre un énième JCC sans saveur. On présente des vrais jeux, avec leurs règles, et c’est ce qui fait tout le sel de l’anime. Même si elles sont sans enjeux (vous avez saisi le jeu de mot ?), les parties sont intéressantes, grâce à leur atmosphère légère. Si votre grand-mère, comme la nôtre, est morte, enterrée, et bien entamée, After School Dice Club est sans doute la meilleure solution pour expérimenter un après-midi Scrabble d’une vingtaine de minutes.

La qualité allemande

Jusqu’à présent, l’anime s’est concentré sur des jeux de société allemands. Les jeux sont réels, les informations données aussi, alors si vous êtes passionné(e), il vous semblera sans doute être une petite pépite. Si vous n’en avez rien à foutre… nous sommes étonnés que vous soyez encore en train de lire. Bravo pour votre persévérance.

Midori, qui rêve de devenir créatrice de jeux, s’est éveillée à ce secteur grâce à une partie de Stupide Vautour et est une grande admiratrice d’Alex Randolph, un auteur allemand qui a eu une solide influence, qui perdure aujourd’hui, sur la façon dont les jeux de société sont édités.

La majorité des jeux présentés sont allemands, mais pas tous. Les jeux traditionnels japonais sont aussi de la partie ( vous avez saisi ? C’est marrant parce que « partie de jeux », tout ça… nous sommes super drôles, même votre père ne peut pas lutter).

Regarder l’anime. S’arrêter. Jouer. Ne plus le regarder.

En revanche, ce qui est systématique, c’est que les règles sont toujours expliquées avec simplicité et efficacité. Ce qui peut aboutir à deux réactions de votre part : un endormissement irrépressible, ou une envie immédiate de jouer. Nous avouons : nous comptons bien acheter tous les jeux présentés… nous sommes des pigeons, et nous en sommes fiers.

Et nous devons bien tirer notre chapeau à After School Dice Club : l’anime donne vraiment envie de découvrir ce qu’il présente. Et ça, c’est beau. Nous en pleurons des larmes d’eau.

Kawaii desu ne… ? Donnez-nous de la choupitude

Aya qui mange

Aya savourant un bon repas. ©︎Hiroo Nakamichi, Shogakukan / After School Dice Club Project

Bon il faut bien avouer que si After School Dice Club se montre aussi efficace, c’est parce que l’ambiance mignonne et détendue de la série contribue à un gentil sentiment de douceur.

Et Aya est drôle. Oui, nous avons une sévère envie de l’égorger quand elle sort sans mettre de crème solaire. Mais elle est drôle. Et elle a l’air terriblement heureuse quand elle mange. C’est à ça qu’on reconnait les grandes âmes.

Des personnages pas si creux

Finalement, pour un anime Slice of life sans prétention, After School Dice Club parvient à proposer une galerie de personnages assez riche, auxquels on peut s’identifier facilement. Nous avons même fini par ressentir de la compassion pour Miki. C’est dire à quel point nous sommes charitables.

Le fait que l’anime soit ancré dans le réel, et sa toile de fond bien assumée sans être assommante, sont indéniablement de gros points forts.

S’aventurer plus profond qu’espéré…

Le Château de Kanazawa, une demeure modeste dotée d’un certain charme.

Oui, nous avons écrit ça en pensant à des cochoncetés. Et vous l’avez lu pareil, ne faites pas semblant. Cependant, nous sommes au regret de vous décevoir.

En effet, la profondeur dont nous parlons ici, c’est celle de l’anime.

Parce que, aussi bizarre que cela puisse paraître, cela fait longtemps que nous n’avions pas appris autant de choses en regardant une œuvre à ce point détendue du slip.

Dans le dernier épisode en date (5), la fine équipe de cruches (oui, nous les avons appelées cruches, et non, nous n’avons pas honte) visite Kanazawa,  une ville connue pour son Château. Elles y profitent de la mer (il faut bien un peu de fan service, ne perdons pas le Nord s’il-vous-plaît) et font du tourisme, notamment à l’autel d’Oyama, un sanctuaire shinto réputé pour abriter de superbes vitraux néerlandais. Alors d’accord, ces informations ne figuraient pas directement dans l’anime. Mais il nous a donné envie d’aller les chercher, et c’est déjà une réussite en soi.

Verdict : After School Dice Club, c’est bon. Mangez-en.

Les images utilisées ici n’appartiennent pas à Acide Anime, et sont présentées dans un but de critique et de partage. Vous êtes l’ayant-droit/un de ses représentants et vous souhaitez les voir retirées ? Nous nous exécuterons sur simple demande via Twitter, dans les commentaires ou par mail (redaction@acideanime.com). 

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